Semaine de 4 jours : ce que prévoit la loi et ce qu'ont montré les essais
Mis à jour le 26 octobre 2026
La semaine de 4 jours recouvre deux formules : la semaine compressée (35 ou 38 heures sur quatre jours) et la semaine réduite (par exemple 32 heures sans perte de salaire). En France, elle n'est pas un droit du salarié et passe par un accord ou une organisation décidée par l'employeur. La Belgique ouvre depuis novembre 2022 un droit de la demander, que l'employeur peut refuser par écrit.
Deux modèles très différents
| Modèle | Heures par semaine | Heures par jour | Salaire |
|---|---|---|---|
| Semaine compressée (France) | 35 h | 8 h 45 | Inchangé |
| Semaine compressée (Belgique) | 38 h | 9 h 30 | Inchangé |
| Semaine réduite | 32 h | 8 h | Maintenu en général |
| Temps partiel à 80 % | 28 h | 7 h | Réduit de 20 % |
La semaine compressée ne change pas la durée du travail : elle allonge chaque journée pour libérer un jour. La semaine réduite diminue la durée totale et repose sur des gains de productivité ou une réorganisation. Les durées légales de chaque pays sont détaillées sur la page semaine de travail.
France : un cadre légal ouvert mais sans droit individuel
Dans le secteur privé
Le Code du travail ne mentionne pas la « semaine de quatre jours ». Elle est possible tant que les règles générales sont respectées :
- durée quotidienne maximale de 10 heures, portée à 12 heures par accord collectif dans certains cas ;
- repos quotidien de 11 heures consécutives ;
- heures au-delà de 35 heures par semaine payées en heures supplémentaires, sauf aménagement du temps de travail sur une période supérieure à la semaine.
Concrètement, 35 heures sur quatre jours représentent 8 h 45 par jour, ce qui reste sous le plafond de 10 heures. L'employeur peut organiser la semaine de 4 jours par accord d'entreprise ou de branche ; à défaut d'accord, il peut aménager le temps de travail sur plusieurs semaines dans les limites fixées par la loi. Le salarié ne peut pas l'imposer, et l'employeur ne peut pas modifier la répartition des horaires d'un contrat qui la fixe sans l'accord du salarié.
Dans la fonction publique
Annoncée par le gouvernement en 2024, une expérimentation de la « semaine en quatre jours » a été lancée dans des services de l'État, sur la base du volontariat, à durée du travail inchangée (1 607 heures par an) et à effectifs constants. Il s'agit donc d'une semaine compressée. Des collectivités territoriales ont adopté des dispositifs comparables pour une partie de leurs agents. Les syndicats sont partagés : certains y voient un outil d'attractivité, d'autres critiquent l'allongement des journées sans réduction du temps de travail.
À l'école : 4 jours ou 4,5 jours
La semaine scolaire du primaire compte 24 heures d'enseignement. Son organisation a changé plusieurs fois :
| Période | Organisation | Texte |
|---|---|---|
| 2008–2013 | 4 jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi), suppression du samedi matin | Réforme de 2008 |
| 2013–2017 | 4,5 jours, avec le mercredi matin, généralisés en 2014 | Décret du 24 janvier 2013 |
| Depuis 2017 | Retour possible à 4 jours par dérogation | Décret n° 2017-1108 du 27 juin 2017 |
Le décret de 2017 permet au directeur académique d'autoriser la semaine de 4 jours sur proposition conjointe de la commune (ou de l'intercommunalité) et des conseils d'école, pour une durée maximale de trois ans renouvelable. La dérogation est devenue la règle : selon le ministère, environ 93 % des communes ayant une école publique étaient à quatre jours à la rentrée 2023. Les dates de congés sont sur la page vacances scolaires.
Belgique : un droit de demander depuis 2022
Dans le cadre du « deal pour l'emploi », la Belgique permet depuis le 21 novembre 2022 au salarié du secteur privé à temps plein de demander à travailler ses heures hebdomadaires sur quatre jours au lieu de cinq, sans réduction de salaire ni du temps de travail. Les principes :
- la demande est écrite ;
- l'employeur peut la refuser, mais doit motiver son refus par écrit, généralement par des raisons d'organisation ;
- en cas d'accord, une convention est conclue pour une durée maximale de six mois, renouvelable ;
- les journées peuvent aller jusqu'à 9 h 30 lorsque la durée hebdomadaire ne dépasse pas 38 heures ; pour une durée hebdomadaire comprise entre 38 et 40 heures, une convention collective peut autoriser des journées plus longues, jusqu'à 10 heures ;
- le régime doit avoir été introduit dans le règlement de travail de l'entreprise.
Le dispositif reste marginal : selon une enquête du prestataire RH Acerta publiée en 2024, environ 0,75 % des salariés belges en CDI du secteur privé travaillaient sous ce régime.
Les essais internationaux
Royaume-Uni, 2022
De juin à décembre 2022, 61 entreprises britanniques et environ 2 900 salariés ont réduit leur temps de travail de 20 % sans baisse de salaire, dans un essai coordonné par 4 Day Week Global, le think tank Autonomy et des chercheurs de l'université de Cambridge et du Boston College. À l'issue de l'essai, 56 entreprises (92 %) ont décidé de poursuivre, dont 18 de façon permanente. Les participants ont déclaré moins de stress et d'épuisement, et les départs de salariés ont diminué par rapport à la même période de l'année précédente. Les résultats reposent largement sur des données déclaratives d'entreprises volontaires, majoritairement petites.
Islande, 2015–2019
La ville de Reykjavik et le gouvernement islandais ont mené deux essais concernant environ 2 500 agents publics, soit un peu plus de 1 % de la population active, passés de 40 heures à 35 ou 36 heures par semaine sans perte de salaire. Il ne s'agissait donc pas d'une semaine de quatre jours au sens strict, mais d'une réduction du temps hebdomadaire. Selon le rapport de l'institut Alda et d'Autonomy publié en 2021, la productivité et la qualité de service sont restées stables ou se sont améliorées, et environ 86 % des salariés islandais travaillaient ensuite des horaires réduits ou avaient obtenu le droit de le faire via des accords collectifs.
Calculer une semaine de 4 jours
- 35 h ÷ 4 = 8 h 45 par jour ;
- 38 h ÷ 4 = 9 h 30 par jour ;
- 40 h ÷ 4 = 10 h par jour, soit le plafond quotidien français ;
- 32 h ÷ 4 = 8 h par jour.
Un salarié à quatre jours travaille environ 208 jours par an au lieu de 260, avant congés et jours fériés. Pour situer ces heures dans les 168 heures d'une semaine, voir combien d'heures dans une semaine ; pour planifier par numéro de semaine, le calendrier 2026 avec semaines.
Questions fréquentes
Un salarié peut-il exiger la semaine de 4 jours en France ?
Non. Aucun texte ne donne ce droit au salarié du secteur privé. La semaine de 4 jours résulte d'un accord collectif ou d'une décision de l'employeur dans le respect des durées maximales, notamment 10 heures par jour sauf dérogation.
La semaine de 4 jours réduit-elle le temps de travail ?
Pas forcément. Il existe deux modèles : la semaine compressée, qui conserve 35 ou 38 heures réparties sur quatre jours plus longs, et la semaine réduite, par exemple 32 heures sur quatre jours. Les essais britannique et islandais portaient sur une réduction du temps de travail sans baisse de salaire.
Combien d'écoles françaises sont à la semaine de 4 jours ?
Selon le ministère de l'Éducation nationale, à la rentrée 2023, environ 93 % des communes ayant au moins une école publique avaient adopté la semaine de quatre jours, soit plus de 21 000 communes.