Histoire de la semaine : d'où vient la semaine de 7 jours ?
Mis à jour le 26 octobre 2026
La semaine de 7 jours n'est liée à aucun cycle astronomique exact. Elle naît au Proche-Orient ancien, où le quart de lunaison et le chiffre sept ont une valeur sacrée, se fixe dans le judaïsme avec le sabbat, prend les noms des sept astres à l'époque romaine et devient officielle dans l'Empire en 321, avec le dimanche chômé.
Les racines mésopotamiennes : la lune et le chiffre sept
Une lunaison dure environ 29,5 jours. Ses quatre phases visibles (nouvelle lune, premier quartier, pleine lune, dernier quartier) se succèdent à peu près tous les 7,4 jours. Les Babyloniens notaient des jours particuliers dans certains mois : les 7, 14, 19, 21 et 28, considérés comme néfastes, où le roi et certains spécialistes devaient s'abstenir de certaines activités. Le terme akkadien šapattu désignait le jour de la pleine lune, le 15 du mois.
Ce système reste attaché au mois lunaire : il recommence à chaque nouvelle lune et ne forme pas un cycle continu de sept jours indépendant du calendrier. Le lien avec le sabbat hébreu, souvent avancé à cause de la proximité des mots, reste discuté par les historiens.
Le sabbat : la première semaine continue
La véritable innovation est juive. Le récit de la Création (Genèse 1–2) répartit l'œuvre divine sur six jours et sanctifie le septième, et le Décalogue fait du sabbat un jour de repos obligatoire. Contrairement aux jours babyloniens, ce cycle de sept jours tourne sans interruption, sans se recaler sur la lune ni sur le mois. C'est cette semaine « abstraite », purement comptée, qui s'est transmise jusqu'à nous.
Dans la tradition juive, les jours n'ont pas de nom propre : ils sont numérotés (premier jour, deuxième jour…) jusqu'au sabbat. Le christianisme reprend ce cycle, mais déplace progressivement la célébration principale au lendemain du sabbat, jour de la résurrection : le « jour du Seigneur », dies dominica, qui a donné « dimanche ».
Les planètes et la semaine romaine
Parallèlement, l'astrologie hellénistique attribue chaque heure du jour à l'un des sept astres errants connus, rangés du plus lent au plus rapide : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Le jour prend le nom de l'astre qui gouverne sa première heure. Avec 24 heures par jour, ce calcul donne l'ordre Saturne, Soleil, Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, celui de notre semaine.
Cette semaine planétaire se diffuse dans l'Empire romain au Ier siècle de notre ère : des graffitis de Pompéi, antérieurs à l'éruption de 79, listent déjà les jours des dieux. Les noms latins expliquent la plupart des noms français, détaillés sur la page jours de la semaine et comparés avec d'autres langues sur les jours de la semaine en latin.
| Jour | Nom latin | Astre ou origine |
|---|---|---|
| Lundi | Lunae dies | Lune |
| Mardi | Martis dies | Mars |
| Mercredi | Mercurii dies | Mercure |
| Jeudi | Jovis dies | Jupiter |
| Vendredi | Veneris dies | Vénus |
| Samedi | Saturni dies → sambati dies | Saturne, puis le sabbat |
| Dimanche | Solis dies → dies dominica | Soleil, puis « jour du Seigneur » |
Avant la semaine : les nundines romaines
Rome connaissait déjà un cycle court, mais de huit jours. Les nundinae (littéralement « neuvième jour », car les Romains comptaient de façon inclusive) étaient des jours de marché revenant tous les huit jours. Les paysans venaient en ville vendre leurs produits, et certaines affaires publiques s'y traitaient. Dans les calendriers peints (fasti), chaque jour portait une lettre de A à H, appelée lettre nundinale, qui permettait de repérer le jour de marché de l'année.
La semaine planétaire de sept jours et le cycle nundinal de huit jours ont coexisté pendant plusieurs siècles. Le second s'efface au IVe siècle, quand la semaine reçoit une reconnaissance officielle.
321 : Constantin officialise le dimanche
Par une constitution datée du 7 mars 321, conservée dans le Code de Justinien, l'empereur Constantin ordonne que les magistrats, la population des villes et les artisans se reposent le « vénérable jour du Soleil ». Les travaux agricoles restent autorisés, pour ne pas manquer les semailles ou les vendanges. Le texte parle du jour du Soleil et non du jour du Seigneur, un nom qui pouvait convenir aux chrétiens comme aux adorateurs du Soleil invaincu.
À partir de là, la semaine de sept jours devient le cadre civil de l'Empire, puis de l'Europe chrétienne. Le choix du premier jour (dimanche ou lundi) a varié selon les traditions ; il est expliqué sur la page premier jour de la semaine.
1793–1805 : la décade du calendrier républicain
La Révolution tente de rompre avec ce cycle religieux. Le calendrier républicain, adopté par la Convention en octobre 1793 et daté rétroactivement du 22 septembre 1792 (début de l'an I), divise l'année en 12 mois de 30 jours, plus 5 ou 6 jours complémentaires. Chaque mois compte trois décades de dix jours : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi.
Le repos officiel tombe le décadi, soit un jour sur dix au lieu d'un sur sept, ce qui rend le système impopulaire, d'autant que le dimanche continue d'être observé dans les campagnes. Les articles organiques de 1802, qui accompagnent le Concordat, fixent de nouveau le repos des fonctionnaires au dimanche. Le sénatus-consulte du 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805) abolit le calendrier républicain : le calendrier grégorien redevient seul légal le 1er janvier 1806.
1929–1940 : la semaine continue soviétique
L'URSS mène l'expérience la plus radicale. À partir de l'automne 1929, le régime introduit la nepreryvka, « semaine de travail continue » : un cycle de cinq jours, quatre travaillés et un de repos. Les travailleurs sont répartis en cinq groupes identifiés par une couleur, chacun ayant son jour de repos propre, de sorte que les usines ne s'arrêtent jamais. Le dimanche commun disparaît, ce qui vise aussi la pratique religieuse.
Le système désorganise la vie familiale, les conjoints n'ayant pas forcément le même jour libre, et complique la maintenance des machines. À partir de 1931, il est remplacé dans la plupart des entreprises par une semaine de six jours, avec un repos commun les 6, 12, 18, 24 et 30 du mois. Le décret du 26 juin 1940 rétablit la semaine de sept jours avec le dimanche chômé.
Récapitulatif des systèmes
| Système | Durée du cycle | Période | Jour de repos |
|---|---|---|---|
| Nundines romaines | 8 jours | République et Haut-Empire | Jour de marché |
| Semaine juive | 7 jours | Antiquité à nos jours | Sabbat (samedi) |
| Semaine romaine officielle | 7 jours | Depuis 321 | Dimanche |
| Décade républicaine | 10 jours | 1793–1805 | Décadi |
| Nepreryvka soviétique | 5 jours | 1929–1931 | Échelonné par groupe |
| Semaine soviétique de 6 jours | 6 jours | 1931–1940 | 6, 12, 18, 24, 30 du mois |
La semaine aujourd'hui : une norme internationale
La semaine de sept jours n'a plus été remise en cause depuis 1940. Elle a même reçu une définition normalisée : la norme ISO 8601 fait commencer la semaine le lundi et numérote les semaines de l'année de 1 à 52 ou 53. Le fonctionnement de cette numérotation est détaillé sur la page semaine ISO 8601, et le numéro de la semaine en cours est affiché sur la page d'accueil.
Questions fréquentes
Pourquoi la semaine compte-t-elle 7 jours ?
Aucune raison astronomique stricte : le chiffre 7 combine une approximation du quart de lunaison (29,5 jours / 4 ≈ 7,4), la tradition juive du sabbat et le nombre des sept astres errants connus dans l'Antiquité (Soleil, Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne).
Quand le dimanche est-il devenu le jour de repos ?
Le 7 mars 321, l'empereur Constantin ordonne que les juges, les citadins et les artisans se reposent le « vénérable jour du Soleil ». Les travaux des champs restent autorisés. C'est la première consécration légale du dimanche comme jour chômé.
Le calendrier républicain a-t-il vraiment supprimé la semaine ?
Oui. De 1793 à la fin de 1805, la France officielle compte en décades de 10 jours, le repos tombant le décadi. Le calendrier grégorien est rétabli le 1er janvier 1806.